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Écrit par Super User Catégorie : Vie du REFELA-Cam
Publié le 19 janvier 2017 Affichages : 710
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Entretien avec Madame Célestine Ketcha Courtès, Maire de Bangangté et Présidente du Réseau des femmes élues locales d’Afrique (REFELA).

Vous venez de participer à la COP 22 qui s’est déroulée à Marrakech au Maroc et qui a été annoncée comme celle de l’action. En tant que maire d’une ville africaine, quel bilan tirez-vous de cette participation?
 
Merci de l’opportunité que vous m’offrez de dresser le bilan de ma participation à la COP 22 à la tête d’une délégation de 45 femmes maires des cinq Régions d’Afrique avec une représentativité camerounaise dans ce beau et magnifique pays africain, le Maroc. J’y ai été conviée en ma triple qualité de Présidente du Réseau des femmes élues locales d’Afrique, Présidente de son antenne camerounaise le REFELA-Cam, et Maire de la Commune de Bangangté qui, soit dit en passant, a adhéré au Pacte mondial des maires pour le climat en 2015. Je tire un bilan très positif de ma participation à ces trois niveaux pour plusieurs raisons. D’abord, sur le plan de la visibilité des villes africaines, permettez-moi de féliciter les organisateurs de cette COP africaine, en particulier Sa Majesté le Roi du Maroc, pour la grande affluence enregistrée, et qui s’est imposée comme la 3e du genre à avoir drainé autant de monde après Paris et Copenhague. Nous avons saisi ce prétexte pour accroître la visibilité du Réseau des femmes élues locales d’Afrique et placer les femmes maires au cœur du débat, au cœur de l’action. Ensuite, et c’est lié, nous avons présenté les contributions majeures des Femmes dans l’adoption et l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris de 2015 et le rôle clé qui est le leur dans la mise en œuvre de cet accord historique. C’était lors de la Conférence de presse « Femmes pour le Climat » (WOMEN4CLIMATE), avec Madame Anne Hidalgo, Présidente de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), du C40 et Maire de Paris, en compagnie de quelques femmes maires membres du Cities 40 (C40). J’ai démontré que la femme africaine était au cœur de toutes les activités qui influencent le climat. Puis, à l’occasion du Sommet des élus locaux et régionaux pour le climat de Marrakech qui a rassemblé plus de 1100 participants dont 114 pays représentés par plus de 780 élus locaux et régionaux, l’Afrique des territoires a été mise à l’honneur avec des élus locaux et régionaux de 50 pays et 11 Etats insulaires. J’ai porté la voix des élus locaux et régionaux de la planète pour dire notre engagement et nos attentes sur la question climatique qui doit être adressée collectivement. Nous avons à l’issue de nos travaux adopté une feuille de route dite de Marrakech qui prévoit deux actions phares: pour 2017, le lancement d’une campagne mondiale pour la localisation de la finance climat et, pour 2020, la mise en place d’un cadre d’action mondial pour la localisation de la finance climat. Enfin, pour la Commune de Bangangté, j’ai pu apprécier la reconnaissance qui a été faite à l’une de nos meilleures pratiques de développement durable à savoir les latrines écologiques qui permettent de récupérer les urines et fèces en vue de leur transformation en intrants agricoles. Un projet monté à partir d’une coopération décentralisée tripartite France-Commune de Bangangté-Etat du Cameroun.

Il a été beaucoup question du rôle des villes dans la lutte contre le changement climatique et la concrétisation de l’accord de Paris. Quelles perspectives ouvrent les décisions prises à la COP 22 pour les villes africaines?

Vous savez à Marrakech, les élus locaux et régionaux africains étaient préoccupés de ce que les engagements volontaires des États aboutissent à un niveau de réchauffement climatique au-dessus de trois degrés, ce qui, aux dires des experts du GIEC, aboutirait à une catastrophe. A la COP de Paris l’an dernier, nous nous sommes associés à la proposition d’une feuille de route qui prévoyait entre autres, degré et demi dès 2050. Si le principe du financement est acquis, les débats achoppent en revanche sur comment financer les solutions climatiques, voire comment accéder à ces financements innovants. L’une des perspectives heureuses pour les villes africaines est la mise en place, d’ici 2020, d’un cadre mondial pour la localisation de la Finance Climat, qui permettra de renforcer le pouvoir d’action des territoires et de les soutenir dans la préparation et le financement de leurs projets d’atténuation, d’adaptation ou simplement de lutte contre les changements climatiques. Mais avant d’y arriver, plusieurs villes africaines ont obtenu des appuis pour leurs initiatives climat. C’est le cas du Réseau des femmes élues locales d’Afrique du Cameroun (REFELA-Cam) que je préside, et qui, en marge de la COP 22, a procédé le 11 novembre 2016 à la signature d’un important Mémorandum of Undestanding relatif à la mise en œuvre d’un vaste projet d’énergie durable (ENERBA) avec l’ADEME et la Présidente de la COP 21, Madame Ségolène Royal, par ailleurs ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie de la République Française. C’est un projet qui va permettre à terme l’électrification aux énergies renouvelables de 19 communes camerounaises dirigées par des femmes maires comme têtes d’exécutif. J’en profite pour remercier leurs Excellences Paul Biya du Cameroun, François Hollande de France, M. Jean- Louis Borloo de la Fondation Energies pour l’Afrique, et Mme Anne Hidalgo, Présidente de l’AIMF. une réduction de 3,7 gigatonnes par an aboutissant à une limitation du réchauffement climatique de la planète plafonnée à un degré et demi dès 2050. Si le principe du financement est acquis, les débats achoppent en revanche sur comment financer les solutions climatiques, voire comment accéder à ces financements innovants. L’une des perspectives heureuses pour les villes africaines est la mise en place, d’ici 2020, d’un cadre mondial pour la localisation de la Finance Climat, qui permettra de renforcer le pouvoir d’action des territoires et de les soutenir dans la préparation et le financement de leurs projets d’atténuation, d’adaptation ou simplement de lutte contre les changements climatiques. Mais avant d’y arriver, plusieurs villes africaines ont obtenu des appuis pour leurs initiatives climat. C’est le cas du Réseau des femmes élues locales d’Afrique du Cameroun (REFELA-Cam) que je préside, et qui, en marge de la COP 22, a procédé le 11 novembre 2016 à la signature d’un important Mémorandum of Undestanding relatif à la mise en œuvre d’un vaste projet d’énergie durable (ENERBA) avec l’ADEME et la Présidente de la COP 21, Madame Ségolène Royal, par ailleurs ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie de la République Française. C’est un projet qui va permettre à terme l’électrification aux énergies renouvelables de 19 communes camerounaises dirigées par des femmes maires comme têtes d’exécutif. J’en profite pour remercier leurs Excellences Paul Biya du Cameroun, François Hollande de France, M. Jean- Louis Borloo de la Fondation Energies pour l’Afrique, et Mme Anne Hidalgo, Présidente de l’AIMF.

Comment les villes dites secondaires dont celle que vous dirigez peuvent-elles jouer un rôle dans la promotion socioéconomique en tenant compte des enjeux liés à l’urbanisation galopante en Afrique et ses nombreux défis?

Les villes jouent déjà un rôle essentiel dans la mise en œuvre des politiques publiques de développement à l’échelle locale. Quel que soit leur taille ou leur niveau, elles ont le devoir d’agir en mettant en place une véritable approche territoriale du développement pour adresser ces défis pluriels. Et la question de l’urbanisation, qui a été reconnue à Habitat III pour la première fois comme un enjeu majeur pour la planète, celle de la promotion socio-économique, méritent d’être abordées et traitées y compris dans le cadre des partenariats sud-nord, sud-sud, voire en intercommunalité.

Sur la base de votre expérience, en tant que femme et maire, quels sont les principaux défis qui se posent pour vous dans la gestion des affaires d’une ville?

En règle générale, le but d’un Maire est de répondre aux attentes des populations.  Et dans ma commune, les défis sont nombreux au rang desquels la promotion de la bonne gouvernance, de la parité homme-femme, de la démocratie et du développement local et durable à la base. Mais nous sommes beaucoup plus attendus sur des challenges en lien avec la délivrance des services publics de base tels que l’accès à l’eau et à l’assainissement, à l’électricité, à la mobilité durable ainsi qu’à la promotion d’une véritable citoyenneté locale; étant entendu que la décentralisation ressort d’une politique publique qui vise à permettre aux populations à la base de s’impliquer dans la gestion de leurs propres affaires, les affaires locales.

Vous êtes également la présidente du REFELA, quelles sont les actions que vous entendez menez dans le cadre de vos activités afin de promouvoir votre association?

Nous avons adopté un plan d’action triennal stratégique qui couvre la période 2016/2018 et qui prévoit de focaliser les activités de REFELA autour de trois axes principaux : le renforcement du réseau, de sa visibilité et son influence le lancement et la mise en œuvre de campagnes ; le développement de partenariats et la recherche de financements. Nous avons significativement évolué depuis notre élection à la présidence du réseau mais il reste encore pas mal de défis que nous devons relever.

Lors du dernier sommet de la CGLU à Quito, c’est un Africain, Parks Tau, qui a été élu au poste de Président de la CGLU. Quel regard portez-vous sur cette élection et qu’attendez-vous du nouveau bureau mis en place?

D’abord je suis heureuse d’avoir été mandatée par mes pairs du continent pour mener un lobbying en faveur de son élection. Il fallait qu’un Africain prenne la tête de cette institution pour mieux porter les préoccupations de nos territoires au niveau international au vu des nombreux défis auxquels ces villes font et feront face et donner un signal fort à l’opinion mondiale et aux observateurs de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 qui se veut l’Agenda des femmes, l’Agenda de l’Afrique. Pour votre information, je fais moi-même partie du nouveau Conseil mondial des Maires et mes attentes sont celles des femmes élues locales du continent africain à savoir, faciliter la mise en place des programmes et des partenariats en direction des collectivités locales africaines. Nous espérons trouver des soutiens supplémentaires pour la mise en œuvre notamment, du Plan d’action triennal 2016-2018 du REFELA qui tient particulièrement à cœur les femmes élues locales d’Afrique. Nous sommes convaincus que le mandat de Park Tau sera celui de l’action, celui de la raison donnée à l’objectif 11 des 17 ODD mais aussi celui de la confirmation de la capacité des Associations des Maires en général et de CGLU en particulier, d’accompagner la délivrance du service public à travers les partenariats stratégiques signés. Nous nous engageons à lui apporter tout notre soutien pour la réussite de sa mission.


 Villes d'Afrique, Le Magazine du CGLUA, entretien réalisé par Yacouba Barma Aboubacar

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